Le bloc le plus MYTHIQUE du MONDE? "The Big Island" 8C
Sujets abordés avec Lucien Martinez
- Big Island
- Fontainebleau
- Soudain Seul
- Bloc
- Cotation
- Éthique
- Matériel
- Simon Lorenzi
Les fiches liées à cet épisode
Résumé de l'épisode avec Lucien Martinez
Enregistré au pied du rocher, un jour de canicule où le parking était vide, cet épisode s'attaque à un morceau : « Big Island », 8C de Fontainebleau, candidat sérieux au titre de bloc le plus mythique de la planète. Lucien Martinez commence par expliquer ce que le lieu impose, une réserve biologique dirigée où la forêt n'est ni sauvage ni abandonnée, puis remonte aux années 2000, quand la ligne n'était qu'un projet dont personne ne savait vraiment où il passait. Suit une histoire à deux premières ascensions. Celle de Dave Graham en 2008, avec un départ semi allongé sur le caillou du bas qui n'obéit à aucune logique, baptisé « The Island » et coté 8C, au grand déplaisir des Bleausards du coin. Puis celle de Vincent Pochon en 2010, qui grimpe la vraie ligne debout du sol, la nomme « The Big Island » et décote la version précédente. L'occasion de comprendre la culture bleausarde des départs, les conventions, et pourquoi un bloc peut être rétrogradé en pureté sans perdre un centimètre de difficulté. Lucien explique surtout ce qui rend ce bloc unique : personne n'y tombe faute de force. On y tombe parce qu'un talon ripe, parce qu'une main glisse, ou parce qu'on ne sait pas encore comment faire. Chaque prise ouvre six possibilités, chaque possibilité impose un modèle de chausson différent, et la méthode trouvée par Simon Lorenzi a ouvert la ligne aux petits gabarits sans rien simplifier. Il raconte aussi la course à trois pour la version assise, « Soudain Seul » 9A, entre Simon Lorenzi, Camille Coudert et Nico Pelorson. La seconde partie aborde les sujets qui fâchent. Les ventilateurs tenus au bout de perches, que même Adam Ondra a découverts sur ce bloc, les genouillères, les chaussons customisés, et la question que Lucien préfère à celle de la triche : est ce que cette escalade là est encore celle qui l'a fait rêver ? On y trouve enfin la découverte des peaux sèches et des peaux humides, qui explique pourquoi un grimpeur peut être condamné par le froid quand son voisin y prospère, et l'état du rocher, recouvert d'une croûte de magnésie que plus aucune brosse n'enlève.
Qui est Lucien Martinez ?
Lucien Martinez est un grimpeur français de haut niveau, 9a+ en falaise et 8C en bloc, et ancien rédacteur en chef du magazine Grimper. Il a réalisé en 2020 la première répétition d'« Akira », et raconte chaque semaine dans Voies de Légende l'histoire des voies et des blocs qui ont marqué l'escalade. Il a enchaîné « Big Island » après plus de vingt séances.
FAQ
Qui a fait la première ascension de Big Island ?
La réponse est double. Dave Graham libère le bloc en 2008 avec un départ semi allongé sur le rocher du bas, qu'il baptise « The Island » et cote 8C. Vincent Pochon grimpe en 2010 la vraie ligne, debout du sol, la nomme « The Big Island » et décote la version de 2008 à 8B+.
Pourquoi Big Island est il considéré comme le bloc le plus mythique du monde ?
Lucien Martinez reconnaît que le mystère reste entier. Il avance deux raisons : le grand plat à main droite, où la main semble posée sur rien dans un dévers, et le fait que ce bloc soit le plus intéressant à travailler au monde, avec une quantité de méthodes possibles sans qu'aucune ne le rende facile.
Qu'est ce que Soudain Seul, la version assise de Big Island ?
C'est le départ assis du bloc, libéré par Simon Lorenzi et proposé à 9A. Nico Pelorson a proposé une décote à 8C+, mais les ascensions d'Adam Ondra, Camille Coudert et Sam Richard ont confirmé le 9A, qui restera sans doute comme un 9A abordable.
Pourquoi utilise t on des ventilateurs sur Big Island ?
Parce que le bloc dépend entièrement de la friction. Un ventilateur tenu au bout d'une perche crée un microclimat autour de la prise pendant que le grimpeur bouge. Adam Ondra, qui ignorait cet usage, l'a découvert sur ce bloc et a parlé de triche, en admiration plus qu'en reproche.
Qu'est ce qu'une peau sèche et une peau humide en escalade ?
C'est la découverte faite autour de ce bloc. Les grimpeurs à peau humide adhèrent par grand froid, ceux à peau sèche glissent quand il fait trop froid, un phénomène appelé dry fire. Nico Pelorson a ainsi enchaîné en avril, quand la saison était finie pour ses partenaires.